Copyright
février 3, 2014 | by Sean Luzi
Et si l’optimisme était une compétence ?

L’optimiste serait-il victime d’une représentation simpliste ? D’un côté la «force obscure du mal» et de l’autre, «l’île aux enfants». Choisissez votre camp : la ciguë ou le «gloubiboulga»… Il y va en effet ainsi, dans la presse, dans les séminaires et les mondanités : les tenants du « pour » s’opposent aux défenseurs du « contre », les postures sont manichéennes et les idéologies s’affrontent… En résumé, soyez optimiste et voyez la vie en rose ou, à l’inverse, soyez pessimiste et revêtez-la de noir ! Et si, finalement, l’optimisme était plutôt une vraie compétence qu’il était possible de cultiver ?

Être optimiste, ce n’est pas travestir la réalité pour la rendre plus belle qu’elle est mais bien la regarder en face, avec lucidité, et croire qu’en toute situation on dispose de leviers pour la transformer.

L’optimiste a confiance en sa capacité à infléchir l’avenir

Non, être optimiste ce n’est pas « voir le verre à moitié plein » en occultant la réalité de la situation. Cet optimisme là est « béat », à l’image de cette réplique dans «La haine» de Mathieu Kassovitz (1995) :

C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de cinquante étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.

En réalité, le dictionnaire nous invite à considérer la notion d’optimisme ou de pessimisme, non pas comme la nature positive ou négative du regard que l’on porte sur la réalité d’une situation, mais comme la confiance que l’on a en sa capacité à l’infléchir.

La confiance est un sentiment : c’est lui qui colore le regard que l’on porte sur l’avenir. La méfiance est également un sentiment, à la différence que celle-ci obscurcit considérablement la perception que l’on pourrait avoir du futur. C’est donc sous ce prisme qu’il convient d’aborder le dyptique optimisme/pessimisme. Alors que la confiance constitue une énergie d’actif qui permet de passer à l’action et de rechercher des solutions, la méfiance est une énergie de déficit qui provoque plutôt l’inertie et le repli sur soi. Empreint de ce sentiment négatif, le pessimiste n’est pas en mesure d’entrevoir les possibilités qui s’offrent à lui. Pire, il a tendance à cristalliser son attention sur ce qui dysfonctionne, ce qui ne marche pas. Les problématiques occupent tout l’espace et il ne reste que peu de place aux scénarios positifs.

L’optimisme n’est que le regard que l’on porte sur l’avenir, la confiance qu’on place en lui, et non pas l’interprétation que l’on fait de la situation actuelle. Ce n’est donc pas penser aveuglément que le verre est à moitié vide ou à moitié plein mais bien croire qu’on trouvera bien un moyen de le remplir.

L’optimisme est la capacité à identifier le potentiel de réussite d’une situation

Être optimiste revient à chausser des lunettes. Le regard que l’on porte sur une situation s’en trouve modifié car le filtre qu’induit le port de ces lunettes rend capable d’identifier le potentiel de réussite d’une situation. Chaque circonstance, y compris les plus sombres, comporte en elle le germe d’une possibilité, la graine d’une solution.

L’optimiste possède donc cette faculté clé qui consiste à reconnaître les issues favorables afin d’exploiter les opportunités. Il s’agit là d’une réelle compétence qui découle du sentiment de confiance et qui permet aux individus d’envisager chaque défi selon une grille de lecture orientée action. Une solide théorie défendue par Tali Sharot, professeur en neuro­sciences et en psychologie à l’University Collegede Londres, affirme même que l’être Humain serait génétiquement et neurologiquement programmé pour l’optimisme !

Les optimistes «plutôt que d’ignorer les difficultés, ils acceptent la réalité, effectuent les démarches nécessaires pour résoudre leurs problèmes et trouvent des solutions pour améliorer leur sort. Par conséquent, les optimistes maîtrisent avec plus de facilité les événements difficiles et stressants et ceux-ci ont sur eux un impact physique et émotionnel moins grand que sur les pessimistes. Bref, les optimistes semblent être totalement engagés dans leur vie ; ils donnent le meilleur d’eux-mêmes et persévèrent devant l’adversité.» - Christiane Trottier et al. «Présentation des deux principales théories nord-américaines sur l’optimisme»

Les idées que vous avez germent dans le futur

Vous avez probablement eu l’occasion de voir le film Inception. Un des principaux concepts repose sur le fait qu’une simple idée innocemment véhiculée dans la tête d’un individu peut y faire son chemin jusqu’à ce que ce dernier modifie totalement ses croyances et comportements vis à vis de la réalité. D’où la necessité de veiller à ce que les scénarios négatifs ne prennent pas trop de place dans votre champs de conscience car le risque est que ceux-ci pervertissent et assombrissent votre réalité jusqu’à vous rendre totalement incapable d’entrevoir la moindre solution. C’est par exemple un des effets délétères qu’occasionne le phénomène de « crise » lorsque les médias s’en emparent et ressassent le sujet auprès d’une audience de plus en plus exposée… et donc de plus en plus sensible, perméable et vulnérable aux ondes négatives !

Selon le même schéma, toute idée positive possède le pouvoir de germer dans la conscience Humaine, de contaminer les masses et d’infléchir la réalité des individus et des sociétés dans un sens favorable. En cela, l’optimisme est une véritable vitamine sociale !

Ainsi, être optimiste, ce n’est pas travestir la réalité pour la rendre plus belle qu’elle est mais bien la regarder en face, avec lucidité, et croire qu’en toute situation on dispose de leviers pour la transformer. Etre optimiste ? C’est entreprendre !

Ce billet a été coécrit par Patrick Storhaye et Sean Luzi.
Patrick Storhaye est Président de Flexity, société de conseil en Management des RH et Technologies, et intervenant dans de nombreuses instances académiques.
Ouvrage >> Le plaisir d’entreprendre : Pour une entreprise humaine et innovante
Twitter >> @storhaye

Patrick Storhaye Copyright

Vice-président du Cercle des jeunes entreprises (LeCJE.fr), conférencier et auteur aux éditions Dunod, il est expert sur divers médias business (LesEchos.fr, RHinfo, Place des réseaux, JDN Management et JDN Business...) et intervient régulièrement pour l'association 100000 Entrepreneurs.

Leave a Reply

— required *

— required *

Ad Area

Emosapiens.com est un Magazine pour gens entreprenants. Gratuit et accessible à tous, il à pour mission de propager le "virus entrepreneurial" en stimulant la confiance et l'audace.

Theme by Theme Flames, powered by Wordpress.